Tag littéraire : Les 9 œuvres littéraires qui m’ont marqué à vie

« Nous sommes entourés de quantité de personnes tout à fait respectables, quelquefois diplômées, parfois « éminentes » […] mais qui ne lisent pas, ou si peu que l’idée ne nous viendrait jamais de leur offrir un livre. Elles ne lisent pas. Soit qu’elles n’en éprouvent pas le besoin, soit qu’elles aient trop à faire par ailleurs (mais cela revient au même, c’est que cet ailleurs-là les comble ou les obnubile), soit qu’elles nourrissent un autre amour et le vivent d’une façon absolument exclusive. Bref, ces gens n’aiment pas lire. Ils n’en sont pas moins fréquentables, voire délicieux à fréquenter. […] Ils sont tout aussi « humains » que nous, parfaitement sensibles aux malheurs du monde, soucieux des « droits de l’Homme » et attachés à les respecter dans leur sphère d’influence personnelle, ce qui est déjà beaucoup – mais voilà, ils ne lisent pas. Libre à eux. » (Comme un roman, pages 167 à 168 – Daniel Pennac)

Bonjour à tous et toutes !

Des droits imprescriptibles du lecteur tels que conçus par le génial Daniel Pennac, le « droit de ne pas lire » est le premier, car dit-il, « comme toute énumération de « droits » qui se respecte, celle des droits à la lecture devrait s’ouvrir par le droit de n’en pas user – en l’occurrence le droit de ne pas lire – faute de quoi il ne s’agirait pas d’une liste de droits mais d’un vicieux traquenard. » (Comme un roman, page 167 – Daniel Pennac)

Oui, même si cela nous étonne toujours, nous lecteurs et lectrices, il existe des gens qui n’aiment pas lire et même qui exècrent la lecture, et c’est leur droit. Laissons tomber les injonctions à lire et les leçons de morale sur les vertus de la lecture, plutôt contreproductives d’après les résultats obtenus par l’école avec ses lectures imposées. Oui, lire peut nous rendre plus intelligent•e, oui lire peut nous aider à développer notre esprit critique, mais ce n’est pas la seule méthode existante. Ne pas lire ne fait pas obligatoirement de nous une brute épaisse qui ne communique qu’à coups de gourdin. 

On ne peut pas forcer quelqu’un à devenir un lecteur. Pour moi, on tombe dans la lecture comme Obélix dans la marmite de la potion magique. Un jour, alors qu’on se promène nonchalamment au bord d’une page, on aperçoit quelque chose qui nous intrigue. Alors on s’approche, on examine, la curiosité piquée au vif, et sans y prendre garde, on glisse. On dérape sur l’encre et on bascule dans la page, parmi les mots et les personnages.

C’est presque toujours un accident. Un accident parfois orchestré par les parents (vous savez, ceux qui mettent la marmite de potion bien en évidence, puis s’éclipsent en laissant le gamin seul devant le liquide chatoyant qui en plus dégage une odeur exquise…), mais on ne peut rien leur reprocher. De tous les accidents susceptibles de survenir dans une existence, il s’agit de l’un des rares qui soient toujours heureux.

Mes parents ont fait partie de cette espèce de géniteurs fourbes, et je ne pourrais jamais assez les remercier pour ça. Pour m’avoir ouvert un monde plus grand que tout ce que j’aurais pu imaginer, pour avoir coloré mes jours en les emplissant d’attachants et fidèles compagnons qui me suivront même bien après qu’eux-mêmes soient partis pour d’autres contrées…

En réfléchissant à tout ce que mes lectures ont pu m’apporter, j’ai eu envie de revenir sur les œuvres littéraires qui ont compté dans la construction de la personne que je suis.

Voici, par ordre chronologique d’apparition dans ma vie, les livres qui ont laissé en moi une empreinte indélébile (et j’ose espérer que la liste s’allongera au cours des cinquante prochaines années).

1. Les Aventures de Tintin – Hergé

Tintin et les Picaros
Les Aventures de Tintin par Hergé – Crédit : Chris Bellabas

J’ai mis le dernier titre de la célèbre série d’Hergé pour le symbole, mais j’aime tous les albums sans exception, et particulièrement ceux dans lesquels apparaît le Capitaine Haddock ♥  Je le confesse, j’ai passé mon enfance à en être amoureux (l’amour a ses raisons…), et il faut croire que des vestiges de cette première passion ont subsisté quelque part, car en croisant un cosplay remarquable du Capitaine à la Japan Expo de 2016,  j’ai été saisi de l’envie torturante d’aller lui déclarer ma flamme… Je n’ai pas osé, car il était accompagné par Tintin, le professeur Tournesol et les deux Dupondt, mais je me console en me disant que j’aurais au moins épargné au pauvre capitaine un moment gênant (j’étais cosplayé en Lucius Malefoy, je vous laisse imaginer l’étrangeté de la scène si j’y étais allé…).

Outre mon amour inconditionnel pour le Capitaine, personnage dont la sensibilité et la loyauté m’ont toujours touché, ce que j’aime dans la série d’Hergé, c’est son humour, les péripéties présentes dans chaque planche, et sa galerie de personnages inoubliables.

Les Aventures de Tintin sont à l’origine de mon goût pour la lecture. Attiré au départ par la présence marquée des animaux (serpents, crocodiles, perroquets, lions, singes, chevaux…) et par le personnage très bavard de Milou, j’ai dévoré les quelques titres que mes parents possédaient avec un tel enthousiasme que mon père s’est empressé de m’acheter la suite. Ce fut le premier grand service qu’il rendit à ma vie de lecteur.

Tintin a été mon premier héros, et Hergé le premier auteur à me faire voyager à travers ses mots – et ses dessins. Il a aussi été le premier à me donner une vision du monde qui dépassait le périmètre de ma maison, de mon jardin et de mon école, et si certaines subtilités m’avaient évidemment échappé à l’époque, ça a été un bonheur, plus vieux, de redécouvrir son travail. J’ai largement dépassé la trentaine de relectures pour chaque album et m’émerveille chaque fois du plaisir intact que j’y retrouve. Il m’arrive encore de déceler des détails qui m’avaient échappé dans les dessins, ou de me souvenir  de réflexions que je me faisais à 6 ans devant certaines vignettes. Un étrange phénomène s’enclenche alors : je sens la courbe du temps ralentir et s’inverser. Je redeviens un enfant lisant Tintin dans son lit, et les tracas du quotidien me paraissent soudain bien futiles. Je me sens invulnérable, protégé, intouchable.

Contrairement à Tintin, je n’aurais pas la chance de porter ma jeunesse éternellement, mais tel Voldemort et ses horcruxes, une part de mon âme d’enfant s’est fixée à ces BD, et je n’aurais qu’à m’y replonger pour connaître les effets d’une fontaine de Jouvence. Je continuerai à rire des maladresses du capitaine, de son agacement face à Bianca Castafiore, à m’attendrir de la susceptibilité et des petites bêtises du si sérieux professeur Tournesol et de celles des distraits Dupondt. Et surtout, je continuerai à traiter d’anacoluthe, de coloquinte à la graisse de hérisson et de troglodyte toute personne qui me contrariera !

2. Le Parc jurassique (Jurassic Park) – Michael Crichton

Le Parc jurassique de Michael Crichton ft. Tauron le Tyrannosaurus Rex
Le Parc jurassique (Jurassic Park) de Michael Crichton ft. Tauron le Tyrannosaurus Rex – Crédit : Chris Bellabas

Bon, je triche un peu pour celui-ci car je n’ai lu le livre qu’à mes 24 ans, mais les films de Spielberg, directement inspirés des romans de Crichton, ont bercé mon enfance. Je l’avais déjà un peu évoqué dans mon article sur La Légende de SeyTan, mais les dinosaures et moi, c’est une longue histoire d’amour qui fêtera ses 20 printemps en juin prochain. Je ne compte plus le nombre de gens que j’ai pu bassiner avec ça, ma passion trouvant aujourd’hui son expression la plus visible dans ma collection de figurines Papo, Schleich, Collector, Safari et Rebor, et mon adoration pour le jeu vidéo Ark-Survival Evolved, un jeu de survie dans un monde ouvert peuplé de créatures fantastiques et préhistoriques.

L’adaptation cinématographique de Spielberg étant plutôt fidèle à l’œuvre de Crichton, cette dernière ne m’a pas réservé un suspens fou puisque je connaissais déjà l’histoire dans ses grandes lignes, mais elle m’a néanmoins impressionné par son caractère visionnaire. Bien sûr, les théories scientifiques qui y sont exposées commencent à dater, certaines sont carrément obsolètes et prêtent à sourire aujourd’hui, mais l’auteur a composé avec l’état des connaissances à l’époque, et cela nous rappelle combien la science elle-même est d’une certitude toute relative.

Malgré tout, Le Parc Jurassique est sans conteste le meilleur roman mettant en scène des dinosaures que j’ai pu lire. Et comme souvent lorsqu’un roman est à l’origine d’un film, il comporte des détails passés sous silence par son adaptation, notamment l’origine d’InGen, la société de bio ingénierie fondée par John Hammond, ou des scènes non portées à l’écran. Ainsi, le passage du livre où le tyrannosaure nage pour rattraper Alan Grant et les enfants qui descendent une rivière à  bord d’un canot pneumatique a été en partie filmé puis abandonné. Et tant mieux, car même si la scène passe plutôt bien dans le livre, elle reste quand même étrange à imaginer quand on a l’habitude de voir ce bon vieux T-Rex terrorisant le monde depuis le plancher des vaches. (Sept tonnes tout en muscles et en crocs, avec une mâchoire capable d’exercer une pression de 30 tonnes par cm2, il ne manquerait plus qu’il soit amphibie).

Quand j’y pense, je trouve incroyable l’impact de l’univers de Crichton dans ma vie quotidienne (toutes les personnes ayant un jour partagé ma vie ne le remercient pas pour l’invasion de dinosaures que ça leur a valu dans leurs pénates) et mon imaginaire. Je pense qu’à ce stade, vous ne devriez plus être surpris d’apprendre que le mien est rempli de créatures féroces, de monstres grandioses et de cauchemars aux crocs longs comme des poignards, et que c’est très loin de m’affoler. C’est plutôt le kif total ! (Tiens, Crichton aurait-il préparé le terrain à Maxime Chattam et sa collection de psychopathes ?)

À Crichton (et aussi un peu à Spielberg du coup), je dois également mon intérêt pour le monde animal qui s’est rapidement élargi des dinosaures aux autres animaux disparus, puis à nos animaux contemporains, et mon intérêt pour la science.

Qui a dit que les œuvres « de l’imaginaire » n’apprenaient rien aux enfants ?

3. Harry Potter – J. K. Rowling

Harry Potter de Rowling
Harry Potter, de J. K. Rowling – Crédit : Chris Bellabas

Si le goût de la lecture m’est venu des Aventures de Tintin, qui m’ont rendu boulimique de bandes dessinées, puis de l’univers de Crichton qui m’a poussé à dévorer des dizaines et des dizaines de livres documentaires sur la nature et les animaux, c’est à Harry Potter que je dois mon entrée dans le monde des romans.

Deuxième grand service qu’il rendit à ma vie de lecteur, mon père eu un jour la fabuleuse idée de m’offrir le coffret des 4 premiers livres, et ça a été le coup de foudre. Harry ne m’a plus jamais quitté, nous avons grandi ensemble et comme Tintin, il fera toujours partie de ces héros ayant sur moi l’effet d’une potion de rajeunissement.

Harry Potter, ce sont mes premiers souvenirs de lecture intenses. Je me rappelle avoir ri aux éclats en découvrant certaines répliques et passages, et les avoir lus et relus à haute voix, plusieurs fois d’affilée, pour mieux les savourer. J’ai aussi eu les larmes aux yeux pour Sirius à la fin du tome 5, j’ai frissonné dans la caverne quand les inferis sont sortis de l’eau, j’ai eu pitié de Drago et de ce que sa famille le forçait à devenir et j’ai longtemps haï Severus Rogue pour les évènements sur la tour d’astronomie…

Des frissons parcourent encore ma peau tandis que je convoque ces souvenirs. Comment l’ambiance d’un livre peut-elle à ce point s’imprégner dans la mémoire et y rester intacte des années durant ? Le plaisir ressenti maintenant en relisant la saga est toujours aussi vif qu’à 8 ou 16 ans, même si là aussi, j’ai dépassé depuis longtemps les 30 relectures pour chaque tome (sauf pour le dernier, lu seulement trois petites fois). Oui, quand j’apprécie quelque chose je suis du genre obsessionnel, mais la plume de Rowling, tour à tour sérieuse et pétillante, sombre ou légère, a un attrait irrésistible sur les personnes sensibles à ses sortilèges. Passé le premier chapitre relou (rares doivent être les enfants passionnés par la société de perceuses de l’oncle Vernon), la lecture d’Harry Potter devient fluide et addictive. Vous quittez votre décor familier – votre chambre, votre salon, le TER qui vous conduit au taf – et vous plongez tout droit dans un univers littéralement magique, merveilleux et inquiétant, peuplé de personnages attachants (même les antagonistes !) et truffé d’humour.

Ces livres ont été le plus enchanteur des refuges durant certaines épreuves de ma vie, notamment la grave maladie de ma mère quand j’avais 10 ans. Je guettais avec impatience la sortie de chaque nouveau tome, et en attendant, je relisais les autres en boucle.

Les seules sagas fantastiques pour lesquelles j’ai éprouvé la même ferveur de lecture sont Autre-Monde de Maxime Chattam et L’Épouvanteur de Joseph Delaney.

4. Le Monde de Narnia – C.S. Lewis

Le Monde de Narnia C.S. LEWIS
Le Monde de Narnia, de C.S. Lewis, ft. le lion Aslan – Crédit : Chris Bellabas

Je viens d’évoquer Autre-Monde de Maxime Chattam et L’Épouvanteur de Joseph Delaney comme des frères d’Harry Potter dans mon cœur de lecteur, et c’est Le Monde de Narnia que vous voyez débarquer. Mon cerveau a-t-il bugué ? S’est-il réinitialisé entre le paragraphe précédent et celui-ci ? Non, pour la bonne raison que Les Chroniques de Narnia m’ont apporté quelque chose de différent de ces trois livres, et que c’est de cela dont je veux vous causer.

Mais qu’est-ce que l’œuvre de Lewis, décriée par certain•e•s comme versant un tantinet dans le prosélytisme religieux, a bien pu m’apporter ? Le style de l’auteur, à première vue plutôt aride, a refroidi plus d’un enfant s’élançant à la conquête de ce pavé de 869 pages, et la différence de ton avec Harry Potter peut-être rude à encaisser. Okay, la saga de Lewis parle d’un univers merveilleux, créé par le chant d’un lion qui est le personnage central des chroniques et le dieu de ce monde, mais sa plume n’a rien de la fantaisie et de la légèreté de celle de J.K. Rowling, rien du rythme palpitant de celle de M. Chattam, et rien de la fluidité de celle de J. Delaney. Quand on veut lire Narnia, il faut un peu s’accrocher au début, mais cela en vaut la peine.

L’imagination de Lewis n’a rien à envier à celle de ses trois collègues suscités, et sa plume a un pouvoir évocateur ensorcelant. Les apparitions et interventions d’Aslan, le dieu-lion de Narnia, constituent toutes des passages mémorables, et j’avais adoré la dimension grandiose et mystique du personnage et de l’univers de Narnia, habité par ailleurs de tout un tas d’autres divinités mineures (nymphes, naïades, étoiles…). Honnêtement, étant gosse, je n’ai pas un seul instant fait le lien avec Jésus ou le catholicisme. J’ai tout pris au premier degré, et maintenant que j’ai digéré les interprétations religieuses des uns et des autres, je retournerai dans le monde de Narnia comme je l’ai toujours fait : en voyant Aslan, Peter, Caspian et cie pour ce qu’ils ont toujours été pour moi : des personnages de fiction au service d’une histoire qui me fait rêver, et non comme des pastiches de la Bible.

Lewis m’a ouvert les portes d’un univers enchanté, et par analogie, m’a fait comprendre que la structuration de notre esprit fonctionnait comme Narnia caché quelque part au fond d’une armoire. Qu’on soit écrivain•e, danseur•se, boulanger•e ou cadre supérieur•e, nous portons tous et toutes un monde en nous, auquel les autres ne sauraient accéder à moins de leur en confier les clés. Dans ce monde personnel, construit sur notre histoire et nos expériences, nos fantasmes et nos secrets les plus enfouis, des créatures exquises, fées ou gentils gnomes, peut-être même des lions qui parlent, mais aussi fantômes et démons, déambulent et s’opposent parfois.

Ce monde intérieur, certain•e•s le garderont à tout jamais secret, d’autres l’exprimeront – au moins partiellement – à travers leur métier ou un art quelconque. Mais je pense qu’il est important d’avoir conscience de son existence pour pouvoir en préserver plus efficacement l’harmonie. Personnellement, je me sers du mien comme d’un havre de paix dans lequel je me retire régulièrement pour me ressourcer (via l’écriture ou la méditation), et tandis que je passe du monde physique à ce monde immatériel, j’ai souvent une pensée pour l’armoire de Narnia.

5. Les Chroniques des vampires – Anne Rice

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Armand le vampire, de Anne Rice – Crédit : Chris Bellabas

Avec Maxime Chattam et Bernard Werber, Anne Rice a été l’auteure phare de mon adolescence. Je suis tombé amoureux de la finesse, de la malice et de la noirceur de sa plume. Le style est virtuose et vous immerge dans une ambiance très particulière, une ambiance à la Anne Rice, qui serait probablement dans l’esprit du morceau Danse Macabre de Saint-Saëns si elle devait se traduire en musique. Une mélodie funèbre, cynique et joyeuse.

Pour moi reine du fantastique, Anne Rice a révolutionné le genre en le portant jusqu’à la démesure et a renouvelé la littérature vampirique. Ses personnages, vampires, sorcières, fantômes ou loups-garous, des monstres au visage humain, ou des hommes à l’apparence monstrueuse, sont souvent des créatures ambivalentes, cruelles et raffinées, et plus ou moins satisfaites de leur immortalité. Leur âge (la plupart du temps avancé) donne à ses récits une dimension historique et une profondeur psychologique captivantes.

Armand le vampire est le premier roman que j’ai lu d’elle. C’est aussi le premier livre dans lequel j’ai trouvé de la représentation LGB, puisque nombre des personnages des chroniques dans lesquelles il s’inscrit sont homosexuels ou bisexuels. Tout y est très subtil, les choses sont habilement enveloppées dans l’écriture fine et sensuelle de l’auteure, mais quel plaisir pour l’adolescent que j’étais de trouver cette nouveauté dans ma lecture.

Anne Rice m’a amené à des littératures plus adultes, plus noires, et c’est à elle que je dois ma passion dévorante pour la figure contemporaine du vampire.

Si vous aimez le fantastique grandiose, sensuel et grinçant, je ne peux que vous recommander ses Chroniques des vampires !

6. La Trilogie du Mal, Maxime Chattam

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La Trilogie du Mal (comprend les romans L’Âme du Mal, In Tenebris et Maléfices) – Maxime Chattam – Crédit : Chris Bellabas

Un autre virtuose dans son genre. Maxime Chattam est l’un des maîtres du thriller et de l’horreur à mes yeux aussi talentueux que Stephen King (que j’adore aussi).

C’est par la Trilogie du Mal que je suis entré dans l’univers tortueux et sanglant de cet auteur. Maxime Chattam, c’est une plume d’une rare puissance – rythmée, percutante, angoissante, jubilante – au service d’histoires captivantes qui vous entraînent dans les abysses les plus noirs de l’âme humaine. Attendez-vous à assister à des giclées d’hémoglobine et à frissonner de révulsion en découvrant le génie machiavélique de ses antagonistes.

Si le coup de foudre a été immédiat avec cet auteur, c’est parce qu’il m’a offert ce que j’ai longtemps cherché en vain dans mes lectures, même dans celles étiquetées « horreur » : de vrais et authentiques frissons. Au point que nombre de gens de ma connaissance n’arrivent pas à lire ses livres. Je me rappellerai toujours de cette collègue qui, alors que je lui confiais mon adoration pour ses romans, m’a regardé les yeux éberlués en lançant : « Chattam ? Celui qui est dérangé dans sa tête ? »

Surpris, je lui ai demandé ce qu’elle entendait par là. Elle m’a répondu qu’il devait avoir de sérieux problèmes pour écrire ce qu’il écrivait. Cela m’a fait rire (et j’ai eu peur qu’elle pense que j’avais moi aussi des problèmes).

Pour moi, la violence visuelle et psychologique des romans de Maxime Chattam le montre à l’apogée de son art. Ce n’est « qu’un livre », ce ne sont que des phrases, soit des mots placés les uns à la suite des autres comme les perles d’un collier, et pourtant, les scènes qu’il décrit ont plus d’impact dans l’esprit des lecteurs•trices que certaines séquences au cinéma. J’ai regardé un seul des films Saw dans ma vie, j’ai parfois grimacé de dégoût devant certains passages, mais cela ne m’a pas effrayé plus que ça, et comme il n’arrivait pas à atteindre mes émotions, le film est resté une suite de massacres sans intérêt pour moi. D’ailleurs je ne me rappelle d’AUCUNE des scènes que j’ai vues, alors que certains passages des romans de Maxime Chattam restent vifs à ma mémoire des années après, parce qu’ils m’ont fait passer par toute une palette d’émotions différentes, intenses ou vives.

En plus de satisfaire mon insatiable soif de frissons, ses romans ont piqué mon intérêt pour la criminologie, matière passionnante entre toutes, et m’ont beaucoup aidé à progresser dans l’écriture au point de vue du rythme.

7. et 8. L’Empire des Anges et Le Sixième Sommeil de Bernard Werber

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L’Empire des anges et Le Sixième Sommeil – Bernard Werber – Crédit : Chris Bellabas

Je dois tellement à Monsieur Bernard Werber que je ne saurais par où commencer si je devais lui exprimer ma reconnaissance en face, et de toute façon, il ne comprendrait pas grand chose à ce que je baragouinerais, ému comme je le serais. Je ne compte plus le nombre de bienfaits que la lecture de ses livres m’ont apportés.

Il m’a fait réfléchir au monde de façon plus profonde que tous les auteur•e•s de fiction que j’avais pu lire jusque là, il m’a enseigné l’observation et la bienveillance, envers les autres et envers soi-même. Sa façon de concevoir le monde (cycle de vies antérieures, existence « d’esprits » guide…), qu’on retrouve dans L‘Empire des anges, le premier roman que j’ai lu de lui, m’a également profondément marqué en entrant en résonance avec des intuitions que j’avais.

Les romans de Bernard Werber, humanistes, spirituels, inventifs tant dans le fond que la forme et bourrés d’humour ont joué pour moi le rôle d’agitateurs de conscience. Il n’y a quasiment pas une seule de ses histoires qui ne m’ait fait réfléchir sur moi ou sur le monde, et ce sont elles qui ont réveillé ma volonté et ma soif d’action. C’est par exemple à son livre Le Sixième Sommeil que je dois ma reconversion professionnelle.

Après le bac, je ne savais pas quoi faire. Ou plutôt si, je le savais : je voulais être écrivain. Mais comment, me demandais-je, devient-on écrivain professionnel ? Il n’y a pas de diplôme et aucune garantie ou sécurité d’emploi. Cela ne se fait pas comme ça, dans un délai prévisible. Comment faire alors ? Mes parents n’auraient pas accepté que je reste squatter chez eux pour écrire sans la certitude de « percer » et sans gagner d’argent, ce que je comprends parfaitement – et je n’aurais pas supporté de vivre aux crochets de quelqu’un. Il fallait que je trouve l’idée d’un métier qui me permettrait de gagner ma croûte sans m’être trop désagréable, et d’écrire en parallèle.

Des études de lettres me semblaient intéressantes, mais je ne voyais pas vraiment sur quel métier autre que l’enseignement elles auraient pu déboucher. Je me suis donc rabattu sur le Droit en pensant qu’il serait plus facile de trouver du boulot dans ce domaine.

Effectivement, j’ai commencé à exercer avant même d’avoir obtenu officiellement mon diplôme. L’entreprise qui m’avait accueilli pour mon stage de fin d’études m’a embauché en CDD quelques jours après ma soutenance. J’aurais pu être heureux, et je l’étais quand même un peu, car cela témoignait de mon sérieux dans mes tâches, mais au fond de moi, je savais que le Droit n’était pas ma véritable vocation, mais un choix par défaut, et cette situation apparemment réjouissante me faisait souffrir parce que ce n’était pas un poste qui me permett(r)ait de m’épanouir et cela m’éloignait de mes rêves d’écriture. Moi qui ait besoin de relationnel autant que de rédactionnel pour apprécier un boulot, je me sentais enterré vivant dans mon bureau, face à mes codes du travail muets, enlisé dans la monotonie de la rédaction de contrats et de sanctions disciplinaires selon des trames préétablies.

Quand la rumeur que mes patrons allaient me proposer un CDI m’est parvenue, j’étais incapable de déterminer si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle pour moi. Mon entourage allait être en joie, je n’aurais pas eu de mal à trouver ni mon premier boulot ni mon premier CDI, et pourtant, je ressentais un certain malaise. Je n’avais pas réellement envie de faire du droit (j’entendais déjà les « c’est con, après 5 ans d’étude ! »), moi, ce que je voulais, c’était écrire. Inventer des histoires qui offriraient aux gens l’évasion salvatrice dont tou•te•s les auteur•e•s de cet article m’ont fait cadeau chaque fois que j’en éprouvais le besoin ou l’envie. Les années n’avaient pas affaibli mon rêve. Mais le problème restait le même : écrire ne nourrit pas son homme. Alors, que fallait-il faire ?

En cherchant les professions nécessitant compétences relationnelles et rédactionnelles, j’ai trouvé celle d’écrivain public qui semblait en parfaite adéquation avec mes attentes et ma personnalité. L’idée a alors germé de changer de voie pour embrasser celle-ci. Bien sûr, écrivain public ce n’est pas écrivain tout court, mais c’est un métier aux multiples facettes (l’écrivain public peut couvrir les missions de biographe, de ghostwriter, de rédacteur web, de journaliste, d’assistant administratif…) et surtout, en lien avec l’écriture. Un dilemme s’est posé à moi : quelle carte jouer ? Celle de la vocation ou celle de la sécurité ? Passion ou raison ?

J’en ai beaucoup parlé avec ma famille. Cette dernière me disait évidemment de bien réfléchir, de ne pas « lâcher la proie pour l’ombre », et parmi les arguments qui revenaient le plus, outre la rémunération scabreuse d’un écrivain public, c’était : « et ta retraite ? Pense à ta retraite ! ». Argument dont je fais peu de cas, car 1) personne ne sait s’il vivra assez vieux pour l’avoir, j’ai vu trop de gens mourir un an avant leur départ à la retraite, 2) dans le contexte actuel, je ne pense pas que les retraites de ma génération seront suffisantes pour vivre – en admettant surtout qu’on en ait une. Mais quand même, j’écoutais ce qu’on pouvait me dire, j’y réfléchissais, je mesurais les risques et je me disais que peut-être, il fallait se faire violence et accepter ce CDI, tant pis si je me sentais comme un zombie en me levant tous les matins pour aller docilement au bureau faire mes tâches du jour, toujours les mêmes à un ou deux détails près… Parce que c’était une opportunité inespérée, parce que trop de gens rêvaient en vain d’avoir un emploi stable.

Je remettais en cause mes désirs et mon aspiration à autre chose qu’à la routine d’un emploi de bureau. Je songeais que peut-être je demandais trop, que la plupart de mes congénères s’accommodaient de leur emploi, même s’il ne leur plaisait pas, et que c’était moi sans doute qui étais capricieux d’aspirer à exercer un travail qui me passionnait… Mais tous ces gens qui « s’accommodaient » me paraissaient trop malheureux, trop mornes, trop éteints, pour que je puisse réellement culpabiliser d’avoir d’autres ambitions que de seulement « avoir un travail », au grand dam de mon entourage.

Et puis, je me rappelle, je me suis mis au lit avec le dernier Werber et j’ai repris ma lecture à la page où je m’étais arrêté la veille. Et là, à peine deux lignes plus bas, un paragraphe me saute aux yeux :

«Tu découvriras un jour que, finalement, l’âge ne compte pas, ce qui importe ce sont les projets que l’on porte. (…) Si tu as 24 ans et que tout ce dont tu rêves c’est d’avoir un emploi stable et répétitif qui t’assure une bonne retraite, alors tu es déjà vieux.» (Le Sixième Sommeil – page 343 édition poche – Bernard Werber)

L’Univers venait de m’envoyer sa réponse dans les mots de Bernard Werber. (Et ironie du sort, j’avais justement 24 ans.)

Deux jours plus tard, quand mon patron m’a fait la proposition officielle de CDI, j’ai décliné l’offre et un poids énorme s’est envolé de mes épaules. Je me suis senti revivre, reconnecté avec moi-même, et ce choix a été à l’origine de l’une de mes plus belles années de vie. J’ai repris des études pour me former au métier d’écrivain public en commençant à exercer en parallèle dans les bibliothèques de Paris (aide administrative aux personnes défavorisées), et dans un café culturel et au salon du livre jeunesse de Villejuif en tant qu’animateur d’ateliers d’écriture ludiques, pour initier ou réconcilier les gens aux/avec les plaisirs de l’écriture.

Et mon rêve de devenir écrivain (tout court cette fois) ? Il est toujours là, il attend patiemment son heure pendant que je m’attelle à lui donner corps. Chaque chose en son temps. Mais qu’il se réalise un jour ou non, ma gratitude pour celui qui aura été (un peu malgré lui ?) à l’origine de tout cela demeurera inchangée.

Merci, Monsieur Werber. Pour m’avoir donné le courage de sortir des sentiers battus, de quitter la voie de la sécurité pour celle beaucoup plus palpitante et vraie de la vocation. Merci pour vos livres, pour l’amour que par eux vous distillez, merci pour m’avoir redonné l’espoir un nombre incalculable de fois durant toutes ces années, pour m’avoir fait rire alors que je voulais pleurer. Merci pour m’avoir lancé dans ce qui est/sera l’aventure de ma vie. Même si ce n’est pas tous les jours facile, vivre sa passion n’a pas de prix. Maintenant, c’est à moi de persévérer.

Grâce à vous, j’ai pris conscience de la valeur de nos vies et de nos rêves, mais j’ai compris aussi que rêver ne fait pas tout, qu’il faut encore y adjoindre l’action pour en faire quelque chose. La leçon a été comprise. J’ai déjà réalisé quelques trucs cools grâce à vous, et ma vie est loin d’être finie ! 

PS : mes guides vous remercient bien aussi pour leur avoir facilité le boulot !

9. Personne de Gwenaëlle Aubry

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Personne – Gwenaëlle Aubry. Source image : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Personne

Ce livre, découvert l’année dernière grâce à Monsieur Jacques François Piquet, mon professeur d’ateliers de la biographie en Sorbonne, fut l’objet de ma première chronique littéraire pour ce blog (vous la trouverez ici). Il faut croire qu’il est vraiment bien, car la personne à qui je l’ai prêté en novembre ne me l’a toujours pas rendu et j’ai peur de devoir faire une croix dessus… (ou alors elle attend que je me sois fait assez de souci pour me demander une rançon).

Je ne vais pas vous refaire une chronique qui est déjà faite, mais Personne est l’un des derniers livres a m’avoir ému aux larmes. Peut-être parce que je me suis reconnu dans la figure du « mouton noir » que s’attribue lui-même le personnage principal. Cet homme à qui tout réussit, et qui claque tout du jour au lendemain parce qu’il ne supporte plus la multitude de masques que la société nous force à porter en permanence.

Ce thème des masques, de la recherche d’identité, trouvent un écho particulier en moi qui suis une personne transgenre (=personne qui ne se reconnaît pas, ou seulement partiellement, dans le genre qu’on lui a assigné à la naissance). Même si aujourd’hui, je suis au clair avec moi-même sur QUI je suis, je dois décider de la façon dont je veux que les autres me perçoivent – et donc décider de si j’entame ou non le long et lourd parcours de transition qui fera correspondre mon apparence physique à mon genre ressenti selon les normes établies par la société. Une décision vitale, mais fichtrement difficile à prendre. Tout passe en revue : dans quel corps je m’imagine vieillir ? Si j’avais des enfants, comment voudrais-je qu’ils m’appellent ? Vais-je supporter tous les changements physiques ? Quid des effets du traitement à long terme ?  En ai-je vraiment besoin ? Le fais-je pour moi ou pour les autres ?

Personne est là pour me rappeler qu’il faut se méfier des désirs induits en nous par ces autres que Sartre désignait comme l’Enfer, mais personne me met en garde aussi quant au devenir des gens qui n’osent pas s’affirmer dans ce qu’ils sont de plus vrais. À ceux là, la folie, le mal-être et parfois une fin violente à l’instar de celle du « mouton noir » du livre de Gwenaëlle Aubry (ce n’est pas un spoiler).

Heureusement, lorsque le quotidien est trop lourd, il reste toujours les livres pour trouver un peu de bonheur !

Et vous, y a-t-il des lectures qui vous ont marqué•e•s pour toujours ?

Pour celleux qui voudraient prolonger l’immersion dans les plaisirs de la lecture, je vous invite à écouter des chanteurs•ses en faire les louanges en musique dans l’article « les chansons que toute personne aimant lire et/ou écrire devrait connaître ».

Merci de m’avoir lu, et de belles lectures à tous et toutes !

Chris

 

Je tague L’Envolée, tsllangues, Mel. MonUniversFantasy, John Evasion et Le Bouquin Ivre : cela vous dirait de partager les lectures qui vous ont marqué•e•s en profondeur en publiant un article dans le style de celui-ci sur vos blogs ? (avec ou sans photos, avec ou sans explications, avec autant de livres, 3, un seul ou 30, à votre convenance 😉 ).

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11 commentaires sur “Tag littéraire : Les 9 œuvres littéraires qui m’ont marqué à vie

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      1. Forcément, le fait de te lire m’a poussé à y réfléchir. Pour moi, c’est plus difficile de répondre à cette question, je pense: je ne suis pas très sentimental et en même temps je m’enthousiasme assez facilement en tant que lecteur, donc retenir neuf livres qui m’ont marqué, c’est un casse-tête. Par exemple, si je cite mes 9 romans préférés de mon enfance, mes 9 romans préférés de mon adolescence, mes 9 romans préférés actuels, ce seront des listes complètement différentes.

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        1. Je comprends 😉 J’ai eu moi-même du mal à faire le tri car il y en a beaucoup, en fait, des livres qui m’ont marqué pour une raison ou pour une autre (tous ceux qui figurent sur la photo en une de cet article en font partie) à différentes étapes de ma vie. Du coup je me suis focalisé sur ceux dont l’empreinte a été la plus forte, ceux qui sont venus en soutien à la construction de ma personnalité et de mes goûts, et ces 9 là sont naturellement ressortis. Mais tu as raison, il y aurait matière à dresser plus d’un inventaire selon notre âge, car les goûts évoluent ! En tout cas, je serai ravi de découvrir ta sélection si l’envie te prenait de dresser ces listes un jour – qu’elles comportent 9 livres, moins ou plus :-p

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  1. Chiche !
    Je prépare l’article. 🙂

    Harry Potter, Tintin… Que de belles références !
    Tintin est la première série de BDs que j’ai dévorée. J’en garde encore aujourd’hui de très bons souvenirs. Quant à Harry Potter, existe-t-il une seule personne de notre génération qui n’a pas été marquée par cette lecture ?

    Aimé par 1 personne

    1. Super ! J’ai hâte de découvrir ta sélection 😉 Et je sens que je vais me remettre à lire tous les Tintin avant la fin de la semaine !

      Pour Harry Potter, crois-le ou non mais j’ai déjà croisé plus d’un irréductible résistant encore et toujours ! Mais personnellement, ça me rassure. Je me dis que le talent d’un•e auteur•e ou l’intérêt d’un livre sont vraiment des choses très subjectives.

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  2. Bel article, bien étayé ! Ça m’a fait repartir en enfance pour certaines œuvres. Tintin notamment et Astérix bien sûr ! Je suis pas franchement adepte des Tags littéraires mais celui-ci m’aurait plu (John si tu passes dans le coin et que tu rédiges un article :))

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    1. Merci !
      Astérix dépote aussi, j’attends toujours chaque nouvelle BD avec impatience *.* La dernière en date, Astérix et la transitalique, m’a bien plu (et va-t-en savoir pourquoi j’y pense toujours quand j’emprunte certaines routes de mon département…).

      Sinon, flute, j’ai hésité à te taguer ! Bon, John, si jamais tu acceptes le challenge, tu sais que tu as au moins un volontaire pour la suite !

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  3. Hello,
    C’est très intéressant de te lire et de suivre le parcours que tu retraces avec ces 9 livres. Tu en parles avec beaucoup d’affection et ça donne envie de les découvrir (certains d’entre eux sont dans ma PAL, d’ailleurs !).
    L’extrait du Sixième Sommeil me parle énormément, et je me retrouve beaucoup dans ce que tu décris par rapport au fait d’avoir un emploi stable et de « penser à sa retraite » (on me sort les mêmes arguments x) ).
    Merci pour ce témoignage 🙂

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    1. Hello et bienvenue sur ces pages !

      C’est vrai, j’ai énormément d’affection pour tous ces livres, et l’idée de la communiquer et de donner envie à d’autres gens de les découvrir à leur tour me ravit ! J’espère que leur lecture te procurera autant de bonheur(s) qu’elle a pu m’en donner 😉

      Quant à ta relation avec le monde du travail / ton emploi actuel, courage ! Écoute l’avis des gens qui te sont chers, car on peut présumer que c’est ceux qui veulent ton bonheur, mais surtout, écoute d’abord ta propre voix. C’est d’abord à toi que ta vie doit plaire, tu dois te sentir bien dedans.

      Si tu souhaites en parler, n’hésite pas à me contacter via la rubrique « contact » dans le bandeau en haut du blog, ou à m’envoyer un MP via ma page Facebook.

      Merci pour ton passage et ton commentaire, et à bientôt quelque part ! Ici ou ailleurs sur le net 😉

      Chris

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  4. Merci pour cet article ! Je rebondis sur le fait de ne pas lire et de ne pas forcer à lire, je suis assez d’accord avec toi sur le fait que la lecture est parfois un heureux accident, mais d’autres fois c’est aussi un peu contraint et forcé que l’on découvre son bonheur… Je pense à mes années lycée : avant la seconde, j’adorais lire mais j’étais assez restreinte dans mes lectures, qui consistaient presque exclusivement en la lecture de bandes dessinées et d’Harry Potter, en boucle xD
    Et puis un jour, la prof de français de seconde nous a imposé un livre. Je l’ai lu à contrecoeur, comme toutes les lectures forcées et finalement j’ai ADORE ce bouquin (La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac) qui m’a fait découvrir cet auteur et les autres romans qu’il avait écrit, ainsi que les essais. J’ai fait une super présentation orale et j’ai couru acheter ses autres livres !
    Avec cette même prof (je vais lui acheter des fleurs xD) j’ai dû lire L’Assomoir de Zola. Sur le coup, ça ne m’a pas autant passionné que Daniel Pennac je dois l’avouer. Mais quand on a fait en classe l’analyse de textes… WAW. J’ai adoré et lu après, par moi-même, des tas d’autres livres de Zola, dont Germinal qui a changé ma façon de voir les choses, la politique, le travail, la vie !
    Et de là, j’ai découvert qu’il y avait des tas d’autres bons auteurs que Rowling, que le reste des livres sur le marché n’étaient pas des trucs barbants et j’ai découvert le plaisir de s’évader vraiment dans d’autres histoires. Donc même si je pense que forcer peut être contreproductif, quand c’est fait en sous entendant « allez lis pour avoir une bonne note » et pas en sous entendant « allez lis parce que là franchement tu es trop bête / pas assez cultivé », ça peut avoir de bons effets ! Surtout quand on est un ado un peu borné xD
    Sinon concernant tes 9 lectures, merci pour ce partage !! Je suis comme toi sur Tintin, je pense que cette bande dessinée a été pour beaucoup dans ma construction, je me revois enfant lisant et relisant les Tintin ! Qu’est-ce que j’ai aimé et j’aime toujours le Trésor de Rackham Le Rouge et le Secret de la Licorne … Même si je les aime tous, ces tomes là sont synonyme d’instants de plaisir. J’ai eu la chance d’écouter certaines aventures de Tintin en podcast et quelle bouffée d’air frais et que de souvenirs !! Je dirais à peu près la même chose d’Astérix même si ces BD ne détrônent pas Tintin dans mon cœur !
    Que dire d’Harry Potter, tu as résumé la majorité de ce qu’il y avait à dire, on pourrait même en parler encore des heures, évidemment ça a été formateur également pour moi comme pour beaucoup de gens de notre génération !
    Anne Rice également, unique en son genre *-* une des lectures d’ailleurs qui m’était conseillée par mon père mais que je n’ai lu que quand j’ai compris grâce à ma prof de français précitée qu’il y avait plein de bons romans dans la vie ! Quelles heures merveilleuses j’ai passées en la lisant et quel bonheur quand mes deux frères ont voulu également la lire à son tour ! Je me rappelle de soirées que je passais et où je rêvais à Lestat, je crois que dans ma vie je n’ai jamais autant espéré qu’un personnage de roman existe. Et je pense même que j’ai beaucoup plus espéré en l’existence de Lestat que de celle de Poudlard ! L’un comme l’autre ne se sont pas révélés à moi, la frustration a aussi été formatrice dans ma vie =( =’D
    Concernant Werber, je repense aussi aux premières fois où je l’ai lu ! *_* je me rappelle qu’une amie du lycée avait lu L’Empire des Anges et m’avait dit qu’il était super bien et que c’était un peu « un livre de stratégie » xD J’avoue qu’elle me l’a très mal vendu, j’imaginais une sorte d’histoire pour apprendre à jouer aux échecs et je n’avais pas du tout envie de le lire, surtout que cette amie est une matheuse dans l’âme donc je me disais que sa lecture n’était pas du tout faite pour moi XD Puis ma grand-mère s’est mise à me parler de ce livre et je ne sais plus comment je me suis retrouvée à le lire malgré mes préjugés à cause de mon amie mais WAW également ! Tout ça m’a ouvert sur toute la saga des anges et des dieux, puis sur les fourmis, puis sur d’autres romans de Werber tels que le Miroir de Cassandre qui m’a laissé une forte impression ! A présent je lis beaucoup moins ses romans et je suis complètement en retard sur ses nouveautés mais n’empêche que ces lectures m’ont marquée également. Evidemment, ça n’a quand même pas eu sur moi l’impact que cela a eu sur toi et je remercie aussi Werber pour avoir grandement contribué à te mener là où tu en es aujourd’hui *_*

    & enfin, même si je n’ai pas lu « Personne », je suis heureuse de voir que ce bouquin t’as aussi aidé à te poser les bonnes questions auxquelles tu as désormais, pour certaines d’entre elles, une réponse. Le fait de savoir qui tu es est vraiment la chose la plus importante et tu as des raisons d’être fier-e de toi pour ça ! Je te souhaite beaucoup de courage dans le reste du combat et tu sais que tu as des soutiens indéfectibles (dont je fais partie, mais je ne suis pas la seule personne !). En tout cas, continue ton boulot quotidien d’écrivain pour montrer à la face du monde que l’on est pas QUE transgenre, que c’est une partie de toi très importante mais ce n’est pas la seule chose qui te définit. Tu le fais tellement bien que quand je pense à toi et quand je te vois, pour moi ce qui te caractérise ce n’est pas la transidentité, c’est l’écriture qui me vient d’abord !

    Je vais m’arrêter là car j’aurais encore pas mal de choses à dire, notamment sur Maxime Chattam, mais mon commentaire va être tellement long que tu n’auras même pas la force de le lire (a)
    A bientôt quelque part ! *_*

    Aimé par 1 personne

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